PANTAGRUEL  
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Opéra-bouffe en 5 actes
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Livret d'Alfred Jarry et Eugène Demolder

Représenté pour la première fois à Lyon au Grand-Théâtre le 30 janvier 1911. (14 représentations) (S. : SACD)

RÉSUMÉ

Dans ce livret tiré de Rabelais, les « Beuveurs tresillustres », les Gastrolâtres et les Ribaudes sont là, et toute la foule de la Cour des Miracles, pour exalter la Dive Bouteille, « La gaieté, le vin et le bel art / Des amours, des ripailles ». Pantagruel et son architriclin Panurge - bien près d'être pendu pour ses hauts faits - partent en voyage et trouvent à la fin ce qui était la quête du fidèle badin du roi dans le Tiers-Livre : l'Amour et le mariage. Après la glorification des maris trompés vient le temps de la morale sauvée :

« Le premier acte nous montre Pantagruel s'apprêtant à rentrer chez lui pour se reposer, après toute une série d'équipées. Le compagnon de ses fredaines, Panurge, arrive, fuyant les bourgeois qui veulent lui faire expier les méfaits de son maître. Frère Jean des Entommeures intercède pour lui et le sauve ; mais il lui prêche la morale. Panurge réfléchit, quand une sorcière lui prédit qu'il suivra Pantagruel dans un grand voyage, qu'il se mariera, ainsi que son maître. Et voilà Panurge perplexe : faut-il ou non se marier ? - prétexte à la mise à la scène du dialogue célèbre de Rabelais et qui conclut à l'affirmative. Pantagruel, en compagnie de Panurge, dit adieu à ses sujets et va à la rencontre de la princesse qu'il doit épouser.

Au deuxième acte, nous quittons Rabelais pour entrer dans le domaine de la fantaisie. La princesse Allys, fille du roi Picrochole, attend le fiancé de ses rêves, le fiancé qui doit lui apporter le manteau fait des laines de la Toison d'or. Trois rois qui sollicitent la main de la belle Allys, Quaresmeprenant, Bringuenarilles et Pétault, partent à la recherche du manteau ; délégué par Picrochole, le berger Dindenault les guidera.

Le troisième acte nous montre les rois qui, après avoir été en danger sur la mer, ont été recueillis sur le navire de Pantagruel. Nouvelle tempête, Panurge se désole - ici se place le fameux épisode des moutons de Panurge, qui barraient la route vers les pays où habite la princesse.

En route, Pantagruel et Panurge s'arrêtent chez les Gastrolâtres, qui veulent les convaincre que prendre femme est folie et que le vin et la bonne chère sont la vraie philosophie. Ceci est [.] prétexte à un ballet [.].

Au quatrième acte, Pantagruel déclare sa flamme à la princesse Allys. Mais il faut avoir le manteau fait avec la laine de la Toison d'or ; or, les moutons sont noyés. Mais il reste la laine que la servante Nanie a jetée dans la caverne des griffons. Pantagruel revient avec le glorieux trophée.

Il ne reste, au cinquième acte, qu'à déjouer la supercherie des trois rois, qui se présentent avec un mouton aux cornes d'or fausses. Et voici Pantagruel proclamé vainqueur de la Toison d'or ; il épousera Allys, tandis que Panurge se mariera avec Nanie, la servante de la princesse (1). »

 

AIRS CÉLÈBRES

Pas de numéros séparés dans cet opéra-bouffe dans lequel tout s'enchaîne au contraire. Les passages les plus appréciés sont, dans le premier acte, le premier air de Pantagruel (7 sqq.), le duo de Pantagruel et Panurge (63  sqq. puis 74 sqq.), la Ronde (88  sqq.), dans le deuxième, le grand Chour des Brodeuses (0 sqq.), le Défilé des Géants (26 sqq.), l'Entrée des Rois (33 sqq.), tout le premier tableau de l'Acte III qui se passe sur le pont du navire de Pantagruel, avec sa tempête et ses moutons, les Danses du Divertissement, et, au quatrième acte, l'air d'Allys (10 sqq.), qui devient un duo à partir de 42.

SOURCES (2) :

- Fragments manuscrits autographes piano et chant, 21 p.
- Fragments manuscrits autographes piano et chant, 11 p.
- « N° 12 n°1 du 2e acte », Fragments manuscrits autographes d'orchestre, 21 p.
- Partition imprimée piano et chant, Paris, SEM, 1910, 249 p. [deux éditions identiques quant à la gravure musicale mais la plus récente mentionne la date de création et la distribution.]
- Trio pour piano, violon et violoncelle (avec contrebasse ad lib.) par A. Berghs et E. Weiller, Paris, SEM, 1911.
- Brouillons manuscrits de différentes écritures, c. 90 p.
- Livret tapuscrit de l'Acte I, 27 p.
- Livret imprimé, Paris, SEM, 1911, 91 p.

(1) SCHNEIDER, Louis, « Les Premières », Le Gaulois, 2 février 1911. [Article découpé des archives de Claude Terrasse, sans autre indication]

(2) Aucune ouvre de Terrasse n'est plus difficile à décrire que Pantagruel, étant donné la multiplicité des sources et l'impossibilité de consulter une grande partie d'entre elles, en particulier des brouillons de livret. Nous ne mentionnons que celles auxquelles nous avons eu accès et auxquelles nous nous sommes référé.