Claude Terrasse, Robert de Flers & Gaston Arman de Caillavet

LE SIRE DE VERGY
Opéra-bouffe en 3 actes

Guy, dans le rôle du Sire de Vergy (1903)
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Livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet

Représenté pour la première fois à Paris sur le théâtre des Variétés le 16 avril 1903. (S. : partition imprimée) (110 représentations) (S. : Soubies)
Représenté à Lyon au Grand-Théâtre le 28 avril 1906 (1).
Repris à Toulouse en décembre 1910 et janvier 1911, 8 représentations. (S. : SACD)
Repris à Genève en décembre 1910, 2 représentations. (S. : SACD)
Repris à Rochefort en août 1911, 2 représentations. (S. : SACD)
Représenté au théâtre des Variétés de Toulouse en octobre 1925. (S. : La Dépêche de Toulouse, 4 octobre 1925)
Représenté à Strasbourg le 21 avril 1928. (S. : Journal de l'Est, 22 avril 1928)
Représenté au théâtre des Célestins à Lyon en décembre 1932. (S. : Lyon républicain, 21 décembre 1932)
Repris au Conservatoire de Paris le 30 avril et le 2 mai 1949, 2 représentations. (S. : tract (2))
Repris au Théâtre La Bruyère le 31 octobre 1952. (S. : Bruyas)
Reprise à Tours les 15 et 16 janvier 1983. (S : Opérette, n° 47, 15 avril 1983)
Repris à Lyon et Neuilly-sur-Seine par la troupe des Bouffes lyonnais entre novembre 1997 et mars 1998, 10 représentations.
Enregistré deux fois par la Radio-Diffusion française, sous la direction de Marcel Cariven le 18 mars 1958 (extraits), d'une part, et de Jean-Paul Kreder les 8 et 9 novembre 1971, d'autre part, diffusion de cette seconde version sur France-Culture le 3 décembre 1971.

RÉSUMÉ

« [.] Il s'agit de parodier une affreuse histoire, celle du sire de Vergy qui fit manger à sa femme le cour de son amant.

Voici comment elle est accomodée. Le sire de Vergy a une femme, Gabrielle, dont Coucy est l'amant. Coucy cherche à éloigner Vergy et le persuade d'aller guerroyer contre les infidèles en compagnie d'un voisin, le baron de Millepertuis. Avant de partir, Vergy confie la clé du « corset de fidélité " de sa femme à Coucy. [.]

En fait, Vergy va faire la noce [.] et, pour donner le change, revient avec trois faux captifs, Macach, Coco et la princesse Mitzy [sa nouvelle maîtresse].

Mais Millepertuis revient [.] (3). » « [Vergy], à sa rentrée, l'a donné comme mort chez les infidèles, ce qui permit à la dame de Milpertuis [sic] d'épouser aussitôt son cher comte Maxime. Quand le brave chevalier commet la gaffe de revenir, c'est à lui qu'on reproche de n'être qu'un imposteur et de n'avoir jamais guerroyé en Palestine. Il montre à Vergy, pour se justifier, les lettres qu'il reçut là-bas de sa dame. C'est la gaffe encore ! Dans ces lettres, le roman de Coucy et de Gabrielle, voisins du château des Milpertuis [sic], est écrit tout au long. L'honneur de la chevalerie exige le combat (4). » « Coucy et Vergy s'entendent pour prétendre qu'un duel a eu lieu et Vergy offre à sa femme une petite tranche de veau qui simule le cour de son amant. Puis, un pardon général intervient. Mitzy échoit à Coucy, Gabrielle confie la clé du " corset de fidélité " au page Fridolin et Vergy continue de couler des jours heureux (5). »

Le livret du Sire de Vergy est un des mieux venus et des plus drôles qui soient. De Flers et Caillavet s'y montrent à la fois scénaristes inventifs et dialoguistes inépuisables. Les bons mots se succèdent sans faiblir tout au long des trois actes et provoquèrent de nombreux enthousiasmes, dont celui, un peu inattendu, de Marcel Proust qui écrivit à Madame de Caillavet : « J'applaudissais si fort que j'ai failli trois fois donner, sans le vouloir, des claques à mon voisin, M. Hervieu (6). »

Seul l'abbé Bethléem et ses collaborateurs n'en goûtent pas la fantaisie :

« Enlevez les châteaux-forts, les cottes de mailles, les croisades, et surtout les corselets de fidélité, prétextes à d'égrillardes plaisanteries ; remplacez-les par des boudoirs modernes, des complets vestons, et des randonnées en auto, vous retrouverez la même et malpropre histoire de ménage à trois qui encombre nos théâtres de boulevard et que la meilleure musique ne saurait faire passer. »

AIRS CÉLÈBRES

Ouverture

1.  Chour du petit lever, « Sitôt que l'aube, au ciel, rougit »

2.  Valse, Trio Gabrielle-Coucy-Vergy, « Sous la douceur du ciel changeant »

3.  Légende des Vergy, « Hector de Vergy partant à la guerre »

4.  Lettre, Gabrielle, « Je viens de te quitter »

5.  Duetto Gabrielle-Vergy, « Ah ! qu'il est doux de ne rien faire »

6.  Finale, « Il faut partir, il n'est qu'temps »

7.  Chour des Châtelaines et Ronde du Pont d'Avignon

8.  Prière, Gabrielle, Yolande, « Seigneur et vous les douze apôtres »

9.  Couplets de Coucy, « Moitié violence, moitié douceur »

11.  Duo des Captifs, Coco-Macach, « Nous sommes les captifs d'usage »

12.  Romance de Mitzy, « Pas un patelin, pas une fleur »

14.  Scène de la Provocation et Finale, « Ils vont se battre »

15.  Nocturne, Les Dames, « Nous venons dans le bois noir »

16.  Duo bouffe, Vergy-Coucy, « Il était une châtelaine »

SOURCES

- Partition imprimée piano et chant, Paris, SNEM, 1903, 262 p.
- Partition imprimée piano et chant, Paris, SNEM, 1903, 256 p. [Nombreuses différences avec la première version. Celle-ci semble postérieure car la SNEM déménage à ce moment et la partition porte la nouvelle adresse, 7, rue de la Pépinière, alors que l'autre porte l'ancienne adresse, 24, rue des Capucines, comme le contrat mentionné infra .]
La Bibliothèque nationale de France - Musique possède un grand nombre d'arrangements et transcriptions de cette oeuvre :
- Fantaisie brillante arr. et orch. par N. Rebora, Paris, SNEM, 1904.
- Fantaisie pour harmonie ou fanfare avec ou sans saxophones ad lib. par A. Fouquet. Paris, E. Gaudet, 1904.
- Fantaisie pour orch. sur les motifs de Claude Terrasse par G. Serpette, Paris, SNEM, 1903.
- Fantaisie brillante pour piano par N. Rebora, Paris, 24, rue des Capucines, 1904.
- Grande valse pour piano sur les motifs de Claude Terrasse par A. Fock, Paris, 24, rue des Capucines, 1903.
- Ouverture, Paris, SNEM, 1903 (treize parties séparées)
- Livret tapuscrit, Paris, Eschig, 82 p.
- Livret imprimé (7)
- Contrat de cession de l'ouvre signé le 21 mars 1903.

(1) F[ELLOT], H[enry], « L'Opérette au Grand-Théâtre », L'Express, date inconnue. [Article découpé du dossier de presse personnel de Claude Terrasse]
(2) Musée de L'Arbresle - Fonds Claude Terrasse.
(3) BROUTIER, Daniel, BOURGOIN, Alain, OLIVIER, Yvonne, Claude Terrasse, s. l., Comité Claude Terrasse, 1986, p. 15-16.
(4) MARTEL, Charles, « Théâtres », L'Aurore, date inconnue. [Article découpé du dossier de presse personnel de Claude Terrasse]
(5) BROUTIER, Daniel, BOURGOIN, Alain, OLIVIER, Yvonne, Op. cit., p. 15-16.
(6) PROUST, Marcel, « Lettre à Madame de Caillavet », citée par LEBOIS, André, « Claude Terrasse et ses librettistes », Littératures, Annales de l'Université de Toulouse-Le Mirail, X/2, 1974, p. 96.
(7) FLERS, Robert de, CAILLAVET, Gaston Arman de, Papa, Le Sire de Vergy, Paris, Libr. Arthème Fayard, s. d., 7-126 p.

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